«Je veux faire un métier cérébral»

Aïssata Linder Dembele a fait la couverture de l'édition spéciale Noël de 20 minutes Friday. Le modèle genevois de 19 ans nous raconte cette expérience et son rapport au métier de modèle.

Par Marie-Adèle Copin

«Je veux faire un métier cérébral»
Image: Noémi Ottilia Szabo Naïssata Linder Dembele est à moitié Malienne.
14 Décembre '17
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Son sourire a illuminé l’édition spéciale Noël 20 minutes Friday. À la rédaction, les avis étaient unanimes: Aïssata Linder Dembele est solaire. À 19 ans, cette Genevoise à moitié malienne vient de vivre une expérience hors du commun: Faire pour la première fois de sa vie la couverture d’un magazine. Nous avons pu lui poser quelques questions.

Sur la couverture, tu as une coupe afro. Que penses-tu de la question des cheveux crépus dans le mannequinat, souvent source de problèmes pour les coiffeurs?

Aïssata Linder Dembele: Quand j’ai fait le shooting pour Friday, le coiffeur m’a dit que c’était la première fois qu’il coiffait une métisse. J’ai trouvé ça surprenant. Ce n’est pas ce qui manque dans ce secteur mais je me suis rendu compte que les femmes de couleur étaient moins mises en valeur. C’est clair que les quotas ne sont pas égaux pour les noires ou les métisses et encore moins pour les asiatiques.

Qu’est-ce que ça t’a fait lorsque tu as vu ton visage sur la couv du magazine?

A.L.D: Ahah! C’était très bizarre. J’étais à la gare le jour de la distribution et j’ai vu ma grosse tête sur des magazines parfois délaissées sur les marches.

Image: Aïssata Linder Dembele

Depuis quand es-tu mannequin?

A.L.D: Je suis dans l’agence Square Model Agency depuis que j’ai 14 ans. Mon premier défilé, c’était en 2014 pour Le bal des créateurs, un salon de coiffure et à l'époque, magasin de vêtements à Genève.

Est-ce que c’est dur d’être modèle en Suisse?

A.L.D: Si tu es blonde aux yeux bleus, ça marche, par exemple dans le domaine de la bijouterie. Dans mon cas, oui, c'est plus difficile.

 

Image: Noémi Ottilia Szabo

Tu préfères les shooting ou défiler?

A.L.D: Défiler. C’est tout un truc, un véritable show avec plein de gens qui bossent avec toi. Il y a plus d’adrénaline.

Pour quelle marque rêverais-tu de marcher?

A.L.D: Dolce & Gabbana. Les filles sont bien mises en valeur. Elles ont souvent des coiffures avec des couronnes et des mises en beauté grandioses.

Image: Aïsseta Linder

Ton objectif est-il de vivre du mannequinat?

A.L.D: On m’a toujours dit que ce n’était pas un vrai travail. Je pense que c’est marrant de faire ça quand tu es jeune mais ce n’est pas fiable. Et puis tu ne construis rien. Je veux apporter quelque chopse à la société. faire un métier plus cérébral. Bon... mais peut-être que si j'étais une star et que je défilais pour les plus grands créateurs, je ne penserais pas de la même façon. 

Qu’est-ce que tu aimerais faire du coup?

A.L.D: Peut-être l'École hôtelière de Lausanne ou des études de relations internationales.

Justement, tu as posté sur Facebook une vidéo du Journal de l’Afrique de TV5 Monde. Tu peux nous en dire plus?

A.L.D: Oui, cela concernait la venue du président Macron en Afrique. L’invité sur le plateau était un spécialiste de science politique. J’ai aimé qu’il dise que les Africains devaient se prendre en main. Mon père est malien et ce sont des considérations qui me touchent. Certes, c’est facile à dire mais je suis d’accord avec le fait qu’ils devraient être moins dépendants de la France.

Sur une note plus légère, quelles sont les mannequins qui t’inspirent sur Insta?

A.L.D: J’aime bien Aya Jones. Je la trouve vraiment jolie. Il y a aussi Adesuwa, elle a un insta marrant. Elles sont évidemment métisses. C’est à ce genre de filles que je m’identifie.

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