De victimes à héroïnes

Ce mercredi, le «Time» a dévoilé sa traditionnelle couverture des personnalités de l’année. Pour l'occasion, l’hebdomadaire américain a choisi un groupe de femmes qui ont dénoncé l’affaire Weinstein et contribué au mouvement #MeToo.

Par Valentina San Martin

De victimes à héroïnes
Image: AFP Pour accompagné la couverture, le magazine a publié une vidéo témoignages.
08 Décembre '17
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Cette année, ce n’est pas une mais plusieurs personnes qui ont été révélées comme les plus influentes de 2017 par le «Time». «The silence breakers» (briseurs/euses de silence en français), c'est ainsi que les surnomme l'hebdomadaire en référence à celles et ceux qui ont dénoncé les cas de violences sexuelles qu'ils et elles ont subit.

Sur la couverture dévoilée avant-hier, de ce numéro qui sortira lundi 18 décembre, on peut y découvrir la chanteuse Taylor Swift, ou encore l'actrice Ashley Judd, accompagnées de trois anonymes (Adama Iwu, lobbyiste, Isabel Pascual, cueilleuse mexicaine de fraises et Susan Fowler, ancienne ingénieure d’Uber) qui ont largement pris part au mouvement #MeToo lancé par l'actrice Alyssa Milano en octobre dernier.

Si on regarde avec attention, on remarque qu’une sixième personne est présente.Seul un bras est visible mais pas de visage. Selon le magazine, il s’agirait d’une femme qui travaille en tant que personnel de santé au Texas. Elle a préféré préserver son identité. On peut donc considérer cette présence cachée comme symbole de toutes les victimes restées sous silence. Les autres prouvent que chaque femme peut être victime, peu importe son milieu social, professionnel, son âge ou son niveau de notoriété. Personne n’est épargné. Dans ses pages, le «Time» relate les expériences, les douleurs mais également le combat des femmes et des hommes qui ont subit des abus sexuels.

Mais alors que l’initiative est saluée par le public, il reste tout de même une ombre au tableau. Dans un tweet publié en novembre, Donald Trump affirme que l’hebdomadaire lui aurait proposé de poser pour ce numéro. Le président aurait refusé de paraître une seconde fois d’affilée. Le «Time» dément. Une annonce plutôt douteuse sachant que Trump est cité dans une enquête récemment publiée par le «New York Times». Elle dénonce les multiples complicités qui ont permis à Weinstein de sévir des années durant.

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