Flore fait le printemps

Flore Girard de Langlade est une jeune styliste diplômée de la HEAD-Genève. Elle signe une collection capsule pour La Redoute. Rencontre avec une créatrice prometteuse.

Par Emmanuel Coissy

Flore fait le printemps
Image: La Redoute La robe de la collection capsule printemps-été 2018 pour La Redoute.
30 Novembre '17
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2 novembre. 9h10. Flore Girard de Langlade joue avec une cuillère dans une tasse de thé noir, quand j’arrive (en retard de 10 minutes) à notre rendez-vous au Paradiso. Je lui avais proposé ce café du quartier de Plainpalais pensant qu’elle l’aimerait. Le 20 octobre, j’avais vu sa collection au défilé de la HEAD, l’école genevoise où elle a étudié. Les vêtements masculins qu’elle présentait étaient son travail de master (voir les photos ci-dessous). Les pièces de la créatrice marseillaise, âgée de 27 ans, ont tapé dans l’œil de La Redoute, qui l’a approchée pour les décliner en version féminine. La marque l’a annoncé, le soir du show.

Flore a 27 ans. Elle a grandi à Marseille.

Image: Michel Giesbrecht

La capsule: combi en denim, robe plissée en coton, jean, blouse froncée en coton, cape en coton.

Image: Emmanuel Coissy

Cela aboutit à une capsule printemps-été, que j’ai vu, ce matin à Paris, et qui sera commercialisée dès mars 2018. Il y a une combinaison en denim, un jean, une robe, une cape et une blouse. On retrouve çà et là des détails, les fronces par exemple, et les lignes de construction propres aux modèles initiaux, ceux pour hommes. Exercice réussi: les vêtements sont beaux.

Comme je le disais, j’ai rencontré Flore alors qu’elle avait entamé sa collaboration avec La Redoute. À ce moment-là, la nouvelle collection était en pleine gestation. «J’ai retravaillé les modèles pour qu’ils puissent être produits industriellement, me dit-elle. Je fournis le support. J’évoque mes intentions. Je discute avec une modéliste et j’assiste aux essayages.» Elle a aussi dû être pragmatique: apprendre à sacrifier sans tuer l’esprit. Abandonner certaines options de départ jugées trop coûteuses, comme le cuir - donc pas de perfecto - ou la manche ballon de la blouse dont le métrage de tissu était trop imposant.

La blouse version masculine.

Image: Hervé Hote

La blouse version féminine.

Image: La Redoute

Le transfert du masculin au féminin est, en fait, un jeu de ping-pong. «Auparavant, je ne dessinais que pour la femme. C’était le cas pour la collection master. Puis, à l’école, on m’a convaincue de sortir de ma zone de confort en m’attaquant à un autre registre.» Le résultat est une variation sur le thème de l’éphèbe et son passage à l’âge adulte. Inspiration. La styliste a plongé dans sa mémoire pour convoquer les parfums du sud de la France. Durant son récit, je vois ses yeux verts briller plus vivement que son petit pendentif Van Cleef & Arpels. Elle me parle de la Camargue, des chevaux, de l’entraînement des jeunes toreros, de l’esthétique de la manade.

Elle me parle aussi des maisons qu’elle aime: Hermès, Loewe - la passion du cuir! - et, bien sûr, Jacquemus, enfant de la Provence. En passant, elle cite Marni. Pourtant c’est chez Chloé qu’elle mettra le pied à l’étrier. Un stage à Paris en janvier, avant de continuer une carrière qui, j’en suis certain, sera fructueuse.

La cape version féminine.

Image: La Redoute

La cape version masculine.

Image: Hervé Hote

Le shooting masculin a été réalisé en Camargue.

Image: Hervé Hote

Image: Hervé Hote

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