Se fondre dans le musée

Dans sa série «People matching artworks», le photographe autrichien Stefan Draschan se rend dans des expos et immortalise des visiteurs dont le style s’accorde avec le tableau qu’ils regardent.

Par Valentina San Martin

Se fondre dans le musée
Image: Stefan Draschan Sur Instagram, une fille a découvert une photo d'elle dans la série. Elle était ravie.
06 Novembre '17
retour +8 -2
06 Novembre '17
retour +8 -2

C’est à Berlin, à Paris ou à Vienne que l’Autrichien, âgé de 38 ans attend patiemment sa proie. Stefan Draschan, «chasseur d’images» autoproclamé, la guette jusqu’au moment propice. Cet instant où le temps s’arrête, où un couple se forme comme une évidence. L’aventure «People Matching Artworks» (Les gens assortis aux œuvres d’art) a débuté en novembre 2015 et continue d’alimenter le site de l'artiste et son compte Instagram.

Les clichés sont si réussis, qu’il est difficile de croire qu’il n’y a aucune mise en scène. Il saisit les gens de manière discrète, sans être remarqué: «Je suis un chasseur silencieux, mais pas assoiffé de sang attention. Je suis végétarien», explique-t-il à Friday. Il se contente d’observer et de patienter. «Beaucoup de choses se passent, il suffit d’être attentif, de regarder autour de soi. J’ai déjà pris environ 500 images pour cette série. Et puis il arrive parfois qu’il ne se passe rien durant un long moment. Mais il faut persévérer.»

Stefan n’a pas toujours été photographe. C’est en 2013, alors qu'il tentait d’arrêter de fumer, qu’il s’est lancé: «En fait, j'ai découvert ma passion assez tard. Notamment grâce à mon frère qui m’avait offert un appareil». La ressemblance s'est imposée comme son thème de prédilection, comme l'attestent deux séries précédentes, «Cars matching homes» et «Couples matching».

Aujourd’hui, il vit à Paris et écume les institutions culturelles en quête d'une scène à saisir. Sa démarche n'est pas uniquement esthétique. Elle s'inscrit dans un engagement social: «J’aspire simplement à être heureux et à créer des œuvres qui me survivront. Je rêve d’un système économique qui donnerait les mêmes chances à tout le monde, aux minorités. Je crois en l’égalité des sexes.»

A lire aussi