Adolescence éternelle

Gus Van Sant expose ses photos au Musée de l'Elysée à Lausanne. On y retrouve des portraits de stars et les thèmes, tels que la jeunesse, chers au réalisateur américain.

Par Emmanuel Coissy

Adolescence éternelle
Image: Gus Van Sant Le cinéaste prenait des Polaroid des acteurs qui, comme Drew Barrymore, passaient un casting pour jouer dans ses films.
25 Octobre '17
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«Mais oui, il est chauve maintenant et il joue dans une série!» «Comment elle s’appelle, cette actrice? Ah oui, Julianne Moore. Elle est trop belle.» Les visiteurs du soir s’exclament et jouent aux devinettes. Ils s’agglutinent devant les vitrines où paradent des dizaines de Polaroid. Comme moi hier, ils assistaient au vernissage de l’exposition «Gus Van Sant» au Musée de l’Elysée (à voir dès aujourd’hui jusqu’au 7 janvier 2018). Cette salle des Polaroid (voir ci-dessous) est ma préférée, on y voit le tout-Hollywood de 1983 à 1999.

Keanu Reeves, Nicole Kidman, River Phoenix, Viggo Mortensen et tant d’autres célèbres ou déjà oubliés. Le cinéaste américain, aujourd’hui âgé de 65 ans, leur a tiré le portait lors de castings. Je pense aux instantanés d’Andy Warhol. Il y a entre le plasticien pop art et le réalisateur une sorte de filiation que relèvent les curateurs de l’expo.

Keanu Reeves a joué dans «My Own Private Idaho» (1991).

Image: Gus Van Sant

La visite n’est pas vraiment une rétrospective. Sur deux étages, elle s’articule surtout autour de photos prises par Gus Van Sant et d’archives de tournage. L’idée n’est pas de montrer l’envers du décor mais d’approcher l’univers d’un homme de façon périphérique. On retrouve naturellement ses thèmes de prédilection: les Etats-Unis, la jeunesse (au sens large), l’éphèbe.

Nul besoin d’être cinéphile pour apprécier ces images. On les goûte juste davantage si on a en mémoire des longs métrages type art et essai comme «My Own Private Idaho» (1991) et «Elephant», couronné par la Palme d’or à Cannes en 2003. Ou des calibres plus hollywoodiens comme «Will Hunting» et «Harvey Milk», tous deux multiprimés aux Oscars.

 

Scénariste et acteur, Matt Damon a collaboré plusieurs fois avec le cinéaste.

Image: Gus Van Sant

Je jubile en (re)voyant des clips musicaux, des pépites réalisées par Van Sant pour les Red Hot Chili Peppers, David Bowie et les frères Hanson (ces derniers sont contestables sur le plan musical). Je ris même beaucoup en visionnant un extrait de «Even Cowgirls Get the Blues» (1993) où la sublime Uma Thurman, victime d’une malformation aux pouces, s’adonne à son sport favori: l’auto-stop en mode sexy.

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