Les dessous de la triangulation

Un sociologue britannique a rédigé une étude sur le triolisme. Il assure qu'aujourd'hui un garçon assume le fait de coucher avec une fille et son meilleur ami.

Par Emmanuel Coissy

Les dessous de la triangulation
Image: iStock Les filles interrogées par le scientifique disent être excitées quand les mecs se touchent l'un l'autre.
22 Octobre '17
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Ryan Scoats s’est penché sur un objet de recherche peu commun. Ce docteur en sociologie, travaillant à la Birmingham City University, a rédigé une étude sur le triolisme et publiera un livre sur la question en 2018. Ces derniers jours, la presse britannique a relayé les résultats de son enquête expliquant qu’il s’était intéressé au sujet à la suite d’une expérience personnelle avec sa compagne et un autre homme. 

«Le plan à trois est une pratique sexuelle comme une autre. Pourtant la société stigmatise ce comportement.» Durant plusieurs mois, le chercheur s’est entretenu avec trente étudiants ayant, eux aussi, tenté la triangulaire. Leurs témoignages évoquent des parties incluant deux femmes et un homme ou deux hommes et une femme.

La bromance libère les mecs

C’est cette dernière configuration qui a retenu l’attention du scientifique. Il explique que les garçons, bien souvent meilleurs amis, ne craignent pas d’avoir une petite interaction physique, qu’il définit comme «semi-sexuelle». Il donne l’exemple d’un certain Brent qui a claqué un high-five à son pote pendant que la fille se faisait pénétrer par l’un et suçait l’autre.

Un autre témoin, Matthew, raconte avoir échangé des plaisanteries avec son ami. Selon Ryan Scoats, c’est révélateur d’une évolution sociale. Il suggère que l’essor de la bromance et le déclin de l’homophobie en Occident ont contribué à une meilleure acceptation de ce schéma, au même titre qu’un homme couchant avec deux femmes

L'inquiétude de la partenaire

Le sociologue relate aussi les inquiétudes des filles: elles craignaient que le rapport avec deux amants soit brutal à l’image de ce que véhicule la pornographie. Il ajoute que les contacts physiques entre les garçons tendent à réduire l’anxiété de la partenaire et concourent à son excitation. Isa, 26 ans, l’a décrit de la sorte lors de son entretien: «S’il n’y a pas d’homo, il n’y a pas de trio. C’est vraiment ennuyeux si les mecs rechignent à se toucher l’un l’autre.»

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