Elles partagent leurs histoires d'horreur

Les hommes comme Harvey Weinstein ne se limitent pas à Hollywood. Sous le hashtag #MyJobShouldNotIncludeAbuse, on parle maintenant d'agressions sexuelles dans le secteur de la mode. Les mannequins dénoncent.

Par Gina Buhl

Elles partagent leurs histoires d'horreur
Image: Getty Images Les modèles aussi sont exposés à la violence sexuelle.
17 Octobre '17
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Après le scandale toujours bouillonnant du producteur de films Harvey Weinstein, qui au cours de sa carrière a agressé une actrice après l’autre, maintenant, c'est au tour des femmes du monde de la mode de se mettre à parler.

L’ancien mannequin Victoria’s Secret Cameron Russell, devenu activiste, a donné cette impulsion. Il y a quatre jours, elle a ouvert son compte Instagram aux modèles ayant subi des abus. Son profil devient une plateforme sur laquelle des femmes racontent de manière anonyme leur histoire et utilisent le hashtag #MyJobShouldNotIncludeAbuse (mon travail ne devrait pas inclure d’abus).

Voilà à quoi ressemble le compte Instagram de Cameron Russell actuellement.

Voici à quoi ressemble actuellement le compte Instagram de Cameron Russell. 

Image: Capture d'écran Instagram cameronrussell

«Il a baissé son caleçon»

«Nous ne parlons pas d’un, de cinq ou de vingt hommes, nous parlons d’une exploitation systématique et cela doit cesser», écrit Cameron sur son compte Instagram. En très peu de temps, des dizaines de femmes lui envoient leurs histoires. Certaines sont extrêmement choquantes.

L’une de ces victimes parle d’un shooting à Los Angeles: «Nous avons commencé la séance puis tout à coup, il a sorti son pénis et il a commencé à se masturber. Je lui ai demandé ce qu’il faisait mais il m’a ignorée… Puis il m’a regardée et m’a dit: «Je le fais toujours et jusqu’à présent, aucun modèle n’a eu de problèmes avec ça.»»

Un autre mannequin raconte ce qu’il s’est passé avec un photographe qu’elle connaissait depuis des années. Ils discutaient normalement jusqu’à ce qu’il lui demande de se déshabiller pour la photographier. Elle a refusé. Pendant qu’il ramassait son pantalon, il a répondu: «Pourquoi est-ce que je t’inviterais chez moi sinon?»

C'est seulement le début d'un mouvement

En utilisant le hashtag #MyJobShouldNotIncludeAbuse, 78 histoires ont été postées depuis que Cameron a lancé son mouvement le 12 octobre. À maintes reprises, les femmes soulignent à quel point, les forcer à faire des choses qu’elles ne voulaient pas était évident pour les photographes. Après l’énorme résonance de son action, Cameron s’est tournée hier vers l’industrie de la mode et de la presse, toujours via Instagram. Elle écrit que ce n’est que le début d’un mouvement fort.

En fait, de plus en plus de victimes se font entendre sur les réseaux sociaux. Il y a quelques heures, l’actrice américaine Alyssa Milano (qui a notamment joué dans la série «Charmed») a lancé une nouvelle vague de tweets: «Si vous avez été harcelées ou agressées sexuellement, écrivez «me too» (moi aussi). En peu de temps, Alyssa a reçu plus de 25'000 réponses. Des messages qui montrent clairement qu’il est grand temps que l’industrie de la mode, celle de Hollywood et la société dans son ensemble parlent des violences sexuelles.

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