C'est archi-porno!

L’artiste Giulia, aka Scientwehst, mixe des photos de bâtiments avec des clichés de femmes nues. Le résultat est déroutant.

Par Marie-Adèle Copin

C'est archi-porno!
Image: Scientwehst L'artiste basée à New York est suivie par plus de 90'000 abonnés sur Instagram.
16 Octobre '17
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Comment deux murs d'apparence si froide peuvent-ils être aussi sensuels? Giulia, aka Scientwehst sur Instagram, fait des collages avec des images de femmes sexy et des photos d’architecture. Le résultat est déroutant. La New Yorkaise de 27 ans place stratégiquement des éléments géométriques sur les parties intimes féminines.

Dernièrement, son travail a fait le tour d'internet. Tous les médias un peu cool se sont emparés du sujet, surtout depuis que Giulia a donné une interview au magazine en ligne Highsnobiety, bible de la hype américaine. Nous aussi, on lui a posé quelques questions:

Tes collages ont fait le buzz sur la Toile. Que penses-tu de l’art sur Instagram et le fait que n’importe qui puisse piquer des photos, n’est-ce pas épuisant?

Giulia: C’est la nature de la bête! Du moment que tu mets ton travail sur les réseaux sociaux, c'est un peu comme s'il était en libre service. Je pense qu’il y a une certaine déontologie que les gens devraient suivre, comme taguer le créateur, malheureusement, tout le monde ne suit pas cette règle. En tant qu’artiste, tu dois décider si tu veux dépenser ton énergie à contacter ces personnes ou les ignorer.

Image: Instagram Scientwehst

Pourquoi as-tu commencé ce travail?

G.: Je l'ai commencé  parce que j’ai remarqué qu’il y avait une tendance sur les réseaux sociaux à censurer le corps des femmes. Je voulais faire partie de ce dialogue alors j’ai commencé à créer des collages numériques en réponse. C’est une façon pour moi de donner mon avis sans utiliser les mots.

Image: Instagram Scientwehst

Quelles sont tes sources d’inspiration? Un artiste en particulier?

G.: On me pose souvent cette question et franchement il n'y a pas vraiment une personne qui m’inspire. C’est davantage le mouvement général des femmes artistes qui s’opposent aux politiques de censure sur les réseaux sociaux qui me pousse à créer. D'ailleurs, j'appelle mon travail, «collages numériques effrontément féminins.»

Comment les gens réagissent-ils à ton travail sur les réseaux sociaux?

G.: Ils réagissent généralement très bien. Mais je pense que la plupart des internautes sont surpris ou troublés.

Qui ne le serait pas! Jusqu'à maintenant, on ne soupçonnait pas autant d'érotisme dans des murs en béton armé. Giulia a trouvé le moyen de faire un joli pied de nez à la politique stricte d’Instagram concernant la nudité et de nous donner une autre lecture de l'architecture. Une chose est sûre, je ne regarderai plus une charpente de la même manière.

Image: Instagram Scientwehst

Image: Instagram Scientwehst

Image: Instagram Scientwehst

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