Le kéké du croco

Dans sa collection présentée hier à Paris, Lacoste célèbre le mec ordinaire. La griffe fait le grand écart entre Roland-Garros et la téci.

Par Emmanuel Coissy

Le kéké du croco
Image: AFP On connaît tous ce petit gars sexy, à l’air benêt qui se ruinerait pour du sportswear.
28 Septembre '17
retour +11 -12
28 Septembre '17
retour +11 -12

Comme on s’amuse. Hier après-midi, le jardin des Tuileries (en face du Louvre) avait des petits airs de banlieue en goguette. Lacoste avait choisi ce cadre charmant pour présenter sa collection printemps-été 2018 en plein air. Le féminin défilait avec le masculin. C’est ce dernier qui a retenu mon attention. On a vu plusieurs looks qui passeraient totalement inaperçus entre les Halles et la Courneuve.

Felipe Oliveira Baptista, directeur artistique du label français, a brossé le portrait du kéké fashion. Ce petit gars sexy, à l’air benêt qui se ruinerait pour un blouson Fila et une paire de New Balance, ou l’inverse. Les codes demeurant un mystère pour qui ne maîtrise pas le verlan entre deux stations de RER.

En backtstage: zoom sur les détails de ce look.

Image: AFP

Evidemment, je caricature à dessein. En réalité, je trouve que cette collection est une réussite justement parce qu’elle intègre ce clin d’œil assumé à la véritable clientèle de la marque. L’époque du polo BCBG est révolue. Aujourd’hui, on porte du croco de la tête aux pieds.

Il est des maisons, comme Vuitton, qui se pincent le nez (et se frottent les mains) en voyant les classes populaires s’approprier leurs accessoires comme des signes extérieurs de richesse. Eh bien, ce n’est pas le cas chez Lacoste où on s’amuse ce constat. On ne rit pas de. On rit avec.

Image: AFP

Image: AFP

Image: AFP

A lire aussi