«Il y avait peu de pudeur»

Le mystérieux garçon nu dans une pub qui fait le buzz sur le Net vit à Genève. Le danseur Paul Girard nous raconte cette aventure insolite.

Par Marie-Adèle Copin

«Il y avait peu de pudeur»
Image: Instagram Jacquemus Le couple a été shooté par le photographe David Lurashi.
07 Septembre '17
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Une plage déserte. Une chaise en bois inclinée dans le sable. Un couple s’enlace. «Pour moi, c’est un résumé de l’été», analyse Paul Girard. C’est lui sur la photo (ci-dessus). Ce Parisien, âgé de 30 ans, basé à Genève depuis sept ans est le bel homme tout nu dans la campagne pour la collection automne 2017 de Jacquemus. Le label français fait le buzz depuis sa publication: une marque de fringues qui ne montre aucun vêtement, ce n'est pas courant.

Paul n’est pas vraiment mannequin. Il est avant tout danseur. Il a, entre autres, travaillé pour le ballet du Grand Théâtre de Genève et plusieurs compagnies internationales. On a pu aussi le voir danser dans une pub Lancôme l'an dernier ou pour Cartier. Mais Jacquemus, c’est sa première campagne mode en tant que modèle.

Quel effet ça fait d’être sur la photo dont tout le monde parle actuellement?

Paul Girard: Je suis plutôt fier, je dois l'avouer, car je trouve cette image assez unique, décalée et poétique. Elle est à l’image de Jacquemus, simple et raffinée. Et n’est pas représentative du milieu de la mode, de son hyperconsommation souvent vulgaire.

Être nu devant l'objectif, c'est compliqué?

P.G: Non pas trop. On était une toute petite équipe, cinq environ. Du coup, il y avait très peu de pudeur. En plus, la femme sur la photo, c'est Claire Tran, une amie (ndlr: Elle est actrice). On s'est croisé dans les couloirs du casting à Paris et je lui ai dit: «Viens, on le passe ensemble!» On a été pris. J’étais content que ce soit avec elle, parce qu’il s’agit tout de même d’une photo un peu intime.

r u n b a b y r u n

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On ne voit pas ton visage sur la photo. C’est frustrant?

P.G: Au contraire! C’est marrant que personne ne sache qui se cache derrière cette image. Ça laisse une part de mystère.

Connaissais-tu Jacquemus?

P.G: Je l’ai découvert il y a quatre ans. J’adore ce qu’il fait. Mais surtout, trop drôle, un jour, j’écoutais sur France Inter l’émission «Boomerang» d’Augustin Trapenard dans laquelle il était invité et je me suis dit: «J’aimerais bien travailler avec lui.»

Qu’aimes-tu chez lui?

P.G: Il a créé sa maison de prêt-à-porter à 19 ans. Il est venu à Paris, seul. Il a un schéma de vie particulier dans le monde de la mode et ça me touche.

4.48 PM #sarahkane

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