«Je veux les mêmes lèvres que Kylie»

La lippe ultra-pulpeuse de la it-girl fait rêver les jeunes femmes de L.A. à Genève. Elles sont de plus en plus nombreuses à demander un remodelage professionnel. Friday a posé quelques questions à une spécialiste.

Par Irène Schäppi

«Je veux les mêmes lèvres que Kylie»
Image: Instagram Kylie Jenner Entre la bouche, la colo et les faux-cils, on ne sait plus vraiment à quoi ressemble Kylie Jenner dans la réalité.
11 Mai '17
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Il suffit qu’elle publie un selfie pour que commentaires et likes se bousculent aux portes de son post. «Tu es tellement belle», «J’aimerais trop te ressembler», «Ton visage est incroyable». Kylie Jenner, c’est le nouvel idéal de beauté: une jeune femme de 19 ans aux lèvres plus pulpeuses qu'une orange, qui crée le mythe à grands renforts de battements de (faux) cils.

En Suisse, son charme, bien qu'artificiel, ne laisse pas les fans indifférentes. Katrin Dressigacker, spécialiste en chirurgie plastique à Zoug, le confirme. De plus en plus de jeunes femmes issues de la «génération selfie» (c'est à dire: nous) viennent lui rendre visite.

Leur but: «avoir les lèvres de Kylie Jenner». La it-girl a récemment admis qu'elle avait eu recours à des injections pour les repulper, parce que sa bouche «la faisait complexer».

L'intervention, autrefois taboue, s'est banalisée dans les pays développés: nombreuses sont celles qui estiment qu'une visite chez un(e) chirurgien(ne) esthétique est une étape comme une autre, entre le shopping et le fitness. Selon une étude réalisée par la société américaine de chirurgie plastique et esthétique, le nombre de traitements antirides a par exemple augmenté de 31% parmi les 19-35 ans depuis 2015.

Il existe même un terme pour ça: le «Millenial Make-Over» (La cure de jouvence des millienials). On a parlé du phénomène avec Dr. Dreissigacker.

«s’autoriser la différence»

Avez-vous, parmi vos clientes, remarqué une hausse des demandes de remodelage labial?

Katrin Dreissigacker: Oui, malheureusement. Il est frappant de constater que les clientes amènent aussi leurs jeunes filles pour un repulpage des lèvres, afin que ces dernières ne se fassent pas «grossir les lèvres» n’importe où et n'importe comment.

Comment réagissez-vous dans ce genre de situation?

K. D.: Je rejette les «modèles» que m’amènent les clientes en photo, parce que celles-ci cachent en général des problèmes identitaires. Surtout les jeunes de la «génération selfie» pour qui «ressembler à leur idole» est la définition même du bonheur.

Vous en parlez avec vos clientes?

K. D.: Oui, j’essaie de leur expliquer qu’avec cette tendance au «millenial make-over», elles vont toutes se ressembler. Et je les informe des risques. Les traitements remodelants ou au Botox peuvent modifier la structure du visage.

Vos conseils pour celles qui tiennent absolument à le faire quand même?

K. D.: Faites-vous conseiller par un spécialiste qualifié. Ne vous laissez pas convaincre par des annonces en ligne ou par des connaissances. Et arrêter de se laisser inspirer par ces photos diffusées sur les réseaux sociaux: la plupart sont photoshopées. Dans la vraie vie, ces stars ressemblent à tout autre chose, et certaines ne peuvent même plus fermer la boucher avec toutes ces interventions. Mon conseil: osez être différentes.

 

Katrin Dreissigacker est spécialiste de la chirurgie plastique et esthétique, qu'elle pratique dans son cabinet à Zoug. 

 

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