A la poursuite du Triangle d'or

Le nord de la Thaïlande est un paradis sur Terre. Paysages majestueux, faune exotique et temples éternels. On traverse les provinces de Chiang Mai et Chiang Rai jusqu'aux berges du Mékong.

Par Emmanuel Coissy

A la poursuite du Triangle d'or
Image: AFP Des house-boats jalonnent les rives du Mékong.
25 Avril '17
retour +21 -7
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Le vol de Bangkok à Chiang Mai dure une heure. A 800 km au nord de la capitale, on découvre une ville de moins d’un million d’âmes (en comptant l’agglomération). Une paille si on la compare à la mégapole, qui en compte quinze fois plus. Le paysage diffère aussi: la province est traversée par les plus hautes montagnes du pays.

Image: Wikipédia

Les temples constituent une attraction de choix pour les touristes alors qu'ils demeurent des lieux sacrés pour les bouddhistes. Situé à 13 km au nord de Chiang Mai, le Wat Phrathat Doi Suthep est le plus célèbre, le plus photographié aussi. Il est juché sur une montagne d’où l’on peut observer la métropole sous sa nappe de smog.

Pour beaucoup de cyclistes thaïlandais, cette ascension est un exercice physique ordinaire qu’ils pratiquent au mépris des voitures, de la pollution et de la chaleur étouffante. A 18h, c’est l’heure de la prière. Les moines se réunissent pour une cérémonie d’autant plus belle que le crépuscule lui sert de décor.

L'heure de la prière au Wat Phrathat Doi Suthep.

Image: Emmanuel Coissy

Depuis le sommet, on observe Chiang Mai. 

Image: Emmanuel Coissy

On apprécie Chiang Mai parce qu’elle est à taille humaine et parce qu’elle fourmille de petits commerces. Durant la journée, on profite d’offrir ses pieds et son dos aux mains des masseuses. Plus tard, on ira au marché nocturne pour acheter mille babioles inutiles. C’est une grande destination touristique où les restaurants et les hôtels pullulent. Entre autres bonnes adresses, la cuisine du Riverside est excellente. Comme son nom l’indique, l'établissement est adossé à la rivière Ping.

On doit avaler de nombreuses marches avant d'accéder au temple. 

Image: Emmanuel Coissy

En ce qui concerne le logement, le registre s’étend du boui-boui jusqu’aux resorts les plus luxueux. Certains sont fascinants. Le Four Seasons et le Dhara Dhevi sont à mi-chemin entre le village et le jardin botanique. Parmi les rizières et les plans d’eau, les hôteliers ont planté des maisons privatives pour une clientèle nantie, majoritairement venue de Chine.

L'entrée du Dhara Dhevi, un luxueux resort. 

Image: Emmanuel Coissy

Image: Dhara Dhevi

En route pour Chiang Rai

Il faut compter environ cinq heures pour rejoindre Chiang Rai. Enfin… Si on veut tracer en ligne droite. On peut aussi prendre son temps, en empruntant des chemins de traverse entre les deux provinces. La zone est ponctuée de grands parcs nationaux où la flore et la faune sont préservées. Les éléphants sauvages ont disparu de Thaïlande à cause du braconnage. Les derniers spécimens servent à distraire les touristes, parfois dans des conditions douteuses. Il existe aussi des réserves où les pachydermes sont protégés. 

Face au braconnage, l'Elephant Nature Park est un refuge pour les pachydermes. 

Image: AFP

Les sources d'eau chaude naturelle abondent dans la région. 

Image: Emmanuel Coissy

La route directe qui relie Chiang Mai à Chiang Rai est fiable et bien entretenue. A mi-parcours, on s'arrête sur une aire de stationnement pour observer de grandes fontaines fumantes. Ce sont des geysers. La région est riche en sources d'eau chaude naturelle. Des locaux font bouillir des œufs directement dans des bassins. Des installations permettent de tremper ses pieds dans l'eau. Attention, ça brûle!

Image: AFP

Sur les rives du Mékong.

Image: AFP

Me voici enfin arrivé à Chiang Rai. La ville se trouve dans le Triangle d'or à cheval sur les territoires thaïlandais, birman et laotien. Cette zone était jadis le paradis du pavot. Sa culture a servi à la production de l'opium puis à celle de l'héroïne. Aujourd'hui, elle a été remplacée par d'autres plantes, du moins en Thaïlande. Le paysage est dominé par la majesté du Mékong. Le fleuve sert de frontière naturelle entre les trois Etats. Sur le plan culturel, la délimitation s'avère perméable. En atteste l'architecture du nord fortement influencée par la Birmanie et son raffinement. 

Petit-déjeuner à l'Anantara Golden Triangle Elephant Camp. 

Image: Emmanuel Coissy

La promenade à l'Anantara Golden Triangle Elephant Camp.

Image: Anantara

Un hôtel tel que l'Anantara dispose d'un cheptel d'éléphants qui évoluent dans sa réserve. L'objectif n'est pas de faire un élevage mais de protéger des individus contre l'exploitation cruelle. Au matin, les bêtes viennent dévorer des bananes sur la terrasse où le petit-déjeuner est servi. L'après-midi, ils promènent la clientèle à travers des espaces somptueux. A noter: à l'inverse, en Thaïlande, on trouve encore des pachydermes maltraités et blessés servant à distraire les voyageurs.

Depuis la Thaïlande, on voit la Birmanie (au fond à g.) et le Laos (à dr.).

Image: Emmanuel Coissy

Le Mékong est strié par un intense trafic marchand. Les traversées d'agrément sont aussi possibles. Les prestataires se chargent des formalités administratives pour le franchissement des frontières. Le Laos se caractérise par son authenticité et sa simplicité face à la machine thaïlandaise bien rodée. A gauche du cours d'eau, l'accès à la Birmanie s'est popularisé depuis que le contexte politique s'est détendu. On aura donc beau jeu de poursuivre son périple aux confins du Triangle d'or. 

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