Du fun à Bangkok

La capitale thaïlandaise est une destination hyper amusante qui séduit les jeunes du monde entier. Elle regorge de lieux originaux où Emmanuel s’est aventuré.

Par Emmanuel Coissy

Du fun à Bangkok
Image: Emmanuel Coissy Les touristes affluent au Unicorn Café. L'une est Brésilienne l'autre Portugaise.
24 Avril '17
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En ce mois d’avril, c’est l’été en Thaïlande, soit la basse saison. Les enfants du Royaume sont en vacances, il y a moins de touristes. La température oscille entre 34° et 40° l'après-midi. On est sans cesse en quête de fraîcheur et d’un endroit où se désaltérer. Ça tombe bien: Bangkok, en constante évolution, regorge d’endroits stylés qui séduisent la jeunesse internationale. En ce moment, la capitale amorce justement une mue radicale.

Au début de la semaine, la municipalité a annoncé que les marchands ambulants (quelque 400'000) devraient bientôt quitter la ville. Leurs étals d’aliments, de vêtements et de contrefaçons disparaîtront pour «des raisons d'ordre et d'hygiène».

Image: AFP

Il y a peu, le grand marché aux fleurs et aux légumes avait, lui aussi, dû abandonner les trottoirs et se replier dans des halles. La mégapole de plus de 15 millions d’habitants veut changer son image. Elle gomme son côté folklo et rêve de ressembler à Singapour.

Le changement est palpable dans les rues pavoisées de blanc et de noir, couleurs du deuil qui durera encore quelques mois. Rama IX est mort le 13 octobre dernier après 70 ans d’un règne qui a favorisé la modernisation du pays. Contrairement à son père, Rama X, qui lui a succédé et dont le caractère est jugé imprévisible, n’est pas vénéré comme un demi-dieu par la population. Des portraits monumentaux des deux souverains sont placardés sur de nombreux bâtiments pour sceller la transition.

Image: AFP

Tel est, dans les grandes lignes, le contexte actuel quand on arrive à Bangkok. Il imprègne la conscience du visiteur même si celui-ci débarque ici pour s’amuser à bon compte sous les tropiques. Les récents soulèvements populaires et la disparition annoncée des marchands ambulants n’entameront sans doute pas l’engouement formidable que cette destination suscite chez les jeunes gens affluant du monde entier.

Unicorn Café

Ce café ultra kitsch (et un peu miteux) est devenu un phénomène mondial, grâce à la presse qui en a abondamment parlé. Le chauffeur de taxi se marre quand je lui demande de m’y conduire. Il me raconte qu’il y est allé avec son fils de 10 ans, quelques semaines auparavant. Je m’y rends à 10h30 un dimanche. C’est l’ouverture et, en 3 minutes, le petit espace est plein: quelques rares Thaïlandais et beaucoup de touristes. Si on veut, on peut enfiler une combinaison dans un recoin coincé entre la cuisine et les toilettes.

Image: Emmanuel Coissy

Vêtu en licorne, je commande une tranche de gâteau licorne et une boisson licorne. Je parle en licorne avec deux Américaines que j’ai accueillies à ma table peuplée de licornes. On prend des photos qu’on poste sur les réseaux sociaux. Je goûte la pâtisserie (hyper sucrée), j’aspire le rafraîchissement (écœurement). Ça m’a coûté 200 bahts (5 fr. 80) pour un des meilleurs posts de ma life. 

Unicorn Café

Image: Emmanuel Coissy

Image: Emmanuel Coissy

Image: Emmanuel Coissy

Little Zoo Café

Ce café est, en fait, un restaurant parce qu’on est obligé de commandé à manger. C’est,  sans doute, un effet de son succès. L’établissement est une ménagerie. On y trouve des suricates, des renards, un raton laveur, un skinny (cochon d’Inde imberbe), une perruche, des chiens, des chats et encore plein d’autres animaux trop mignons.

Image: Emmanuel Coissy

Après avoir engouffré une omelette et bu un thé (325 bahts = 9 fr. 40), je suis allé jouer avec mes nouveaux amis. J’ai pris les rongeurs dans mes bras pour les couvrir de bisous et j’ai donné des bananes à des renards ivres de joie. Le café se trouve en périphérie de Bangkok, dans le quartier de Pak Kret (province de Nonthaburi). Pour y accéder, il suffit de prendre un Uber (course d’env. 25 min.).

Little Zoo Café

Image: Emmanuel Coissy

House on Sathorn

C’est un des meilleurs restaurants où j’ai mangé ces dernières années. D’ailleurs, il est classé dans les 50 Best asiatiques de 2017. C’est dire. En cuisine, le chef Fatih Tutak est un véritable artiste. Ses plats ne sont pas seulement excellents (ce qui est normal), ils ont de l’esprit. Ils sont poétiques.

Il te sert un pigeon voyageur pourvu d’un message sanglé à la patte. Un coulis rouge représente son sang car le volatile a été abattu en plein vol (LOL). Le poisson orné de billes de wasabi est présenté dans une feuille de bananier baignant dans de la glace. Les macarons sont apportés sur un bonsaï. Cette expérience a un coût: 2800 bahts (81 fr.) pour un menu de sept plats (sans les boissons).

Image: W Hotels & Resorts

Le restaurant se niche dans une maison coloniale bâtie il y a 127 ans. Elle semble un peu incongrue au milieu des buildings. La décoration et le service sont un ravissement.

The House on Sathorn

Image: W Hotels & Resorts

Hajime

La cuisine thaïlandaise est une des plus raffinées du monde. Alors pourquoi aller dans un restaurant japonais? Eh bien juste pour varier les plaisirs. Et pour rigoler. Chez Hajime, les serveurs stars sont deux robots vêtus en soldats. Quand ils ne t’apportent pas un shabu-shabu ou un teriyaki, ils se mettent à danser.

Hajime

Image: Emmanuel Coissy

CRU

C'est un rooftop et un sublime bar à champagne qui a été inauguré à la fin de l’année dernière. Il est tellement haut qu’il faut prendre trois ascenseurs successifs pour y accéder. Au sommet, on admire la ville à 360° en buvant des cocktails ou une bouteille de Mumm (attention le vin coûte très cher en Thaïlande: parfois l’équivalent de 40 fr. le verre dans certains établissement de luxe). On peut dîner en commandant plein de petits plats, notamment des mini burgers absolument divins.

CRU

Image: Centara Hotels & Resorts

Sky Bar

C’est une institution et, en même temps, un peu un attrape-touristes. Juché au 63e étage de l'hôtel Lebua, le Sky Bar est visité comme une attraction. Le décor est somptueux: on fait un selfie avec Bangkok à ses pieds. Le personnel est très chatouilleux avec certaines règles, notamment vestimentaires. Par exemple, j’ai été refoulé parce que je portais des sandales en cuir. Je suis donc allé dans la première boutique du quartier pour acheter des chaussures.

Il est interdit de filmer ou de prendre en photo certaines zones du rooftop. Le verre de vin blanc coûte 1300 bahts (env. 37 fr.) et un jus de fruit 310 bahts (9 fr.). Le Sirocco est le restaurant qui jouxte le bar. C’est une excellente table. Idéale pour un tête-à-tête romantique.

Sky Bar

Image: Lebua

Image: Lebua

Parlons massage!

Cet art ancestral figure au patrimoine culturel de la Thaïlande. Le massage des pieds est communément prodigué dans la rue ou dans des salons pour 100 bahts (3 fr.) par demi-heure. Le massage du corps, selon les méthodes traditionnelles, ne coûte guère plus cher. Il faut vraiment profiter du séjour pour se faire masser tous les jours.

Image: AFP

Les spas de luxe en proposent aussi. J’ai adoré le Boxer Massage de l’hôtel W d'une heure pour 2999 bahts (87 fr.). Il est inspiré du soin qui est donné avant un combat de boxe thaïlandaise. On utilise de l’huile. La masseuse m’a grimpé sur le dos puis m’a roué de coups de poing. L’intensité était «moyenne», selon elle. Parfois, j’ai failli crier de douleur. Mais ce massage est extraordinaire! J’étais totalement délassé. Je le recommande vivement.

Away Spa

Des bonbons et une boisson après le Boxer Massage au spa de l'hôtel W.

Image: Emmanuel Coissy

Dans les vraies salles de sport, ce massage précède le combat de boxe. 

Image: AFP

Parc de Lumphini

C’est un peu le Central Park de Bangkok. Une oasis au milieu du fracas de la ville congestionnée par les embouteillages. J’aime m’y rendre le matin, quand les riverains viennent faire leurs exercices physiques. Un grand moment de quiétude.

Image: AFP

On s'envole vers le nord

Image: Emmanuel Coissy

Du point de vue touristique, la Thaïlande se divise en trois zones. Le sud avec ses îles et ses stations balnéaires. Bangkok au centre et le nord avec les villes de Chiang Mai et Chiang Rai. La liaison vers Chiang Mai est bien desservie par Thai Airways. On continue le voyage vers l'autre métropole par la route (5 heures) au cœur du Triangle d’Or, la région où l’opium était cultivé jadis.

La suite de mon reportage (à lire ici) nous mènera sur le Mékong, à la frontière du Laos et de la Birmanie.

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