Tinder, c’est tromper?

Quand on est en couple et qu’on a juré fidélité, il arrive parfois que la confiance soit émoussée par un accident de parcours. Notamment à cause des sites de rencontres. Débat à la rédaction.

Par Emmanuel Coissy

Tinder, c’est tromper?
Image: AFP Quand un mec se fait gauler... Malaise...
13 Novembre '16
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Un de mes amis sort, depuis quelques mois, avec une jeune femme que j’aime beaucoup. Ils se sont rencontrés sur Tinder. Amour. Bonheur. Fidélité. Mais ça, c'était avant. Hélas, ils se sont disputés, la semaine dernière, parce que le mec aurait fauté. Il était parti à Paris et s’est reconnecté au site de rencontres. Présente, elle aussi, dans la capitale française, une amie de sa copine l’a chopé en flag. Elle s’est empressée - ô comme c’est élégantl! - d’en informer la «cocue», restée en Suisse. Et, là, le drame!* Le «trompeur» jure qu’il n’en est pas un.

Pourquoi était-il en chasse? «On faisait un concours avec un pote pour voir lequel des deux aurait le plus de matchs.» Que sa version soit vraie ou non ne nous intéresse pas. En l’occurrence, je trouve beaucoup plus pertinent de s’interroger sur la manière dont ce genre d’app a changé les chassés-croisés amoureux. Alors… Tinder, c’est tromper?

Mardi dernier pendant la pause de midi, j’ai posé cette question à deux de mes collègues, Marie-Adèle Copin et Célia Héron. Leurs avis divergeaient. Voilà pourquoi, nous avons choisi d’exposer ici le point de vue de chacune. Ce n’est pas un tribunal ni un combat. Juste un dialogue sur une question qui nous titille tous.

*A ma connaissance, les deux sont encore en couple. Et ils s’aiment toujours. :)

L'opinion de Marie-Adèle

Pfff! Qu’on arrête de nous prendre pour des pigeons! Oui, tout le monde a le droit de regarder le menu, que ce soit dans un bar ou virtuellement. Cependant, personne n’est jamais allé au resto pour checker la carte et dire au garçon de café: «Merci, mon brave, je voulais juste la consulter. Finalement, je ne vais rien prendre.» Non, si l’ami d’Emmanuel était tombé sur un émincé de veau à la zurichoise, parce qu’il adore ça, ne l'aurait-il pas commandé?

Ce qui me chiffonne également dans cette histoire, c’est pourquoi faire ce combat de coqs à Paris? Ah bah comme par hasard, quand la copine n’est pas là! Tiens! Tiens! Peut-être se sont-ils dit que sur un malentendu, ils pourraient rejoindre leur match respectif dans un bar, incognito, juste pour rire bien sûr. Ça s’appelle provoquer les forces du mal, selon moi.

Et ce n’est pas comme si l’appli était nouvelle. Quand celle-ci a été développée, j’étais en couple et je l’ai testée, mais parce que c’était une expérimentation, parce que c’était nouveau pour tout le monde. La battle de celui qui a le plus de matchs, c’est so 2012.

Alors non, Tinder ce n’est pas tromper. Mais Tinder dans une autre ville, c'est jouer un jeu dangereux. En tout cas, ça n'augure rien de bon.

L'opinion de Célia

Pour moi, quand on est bien dans sa peau et dans sa relation, on passe au-delà. Il a passé une soirée à checker Tinder pour voir? So what? Si tu n'as passez confiance en lui (en toi?) pour le laisser respirer et que tu estimes nécessaire de contrôler ses faits et gestes, c'est que la relation en elle-même pose problème, Tinder ou pas.

Par ailleurs, il ne nie pas: il te donne le contexte. Raison absurde, certes, mais il s'explique en disant que c'était un jeu. Si tu ne le crois pas, alors à quoi (en qui) crois-tu? Certainement pas en cette relation, vouée à l'échec. 

Pour moi, la vraie question est surtout: je sors avec un mec qui, à PARIS, n'a rien de mieux à foutre que d'être sur Tinder. Est-il vraiment le mec avec qui j'ai envie de partager ma vie? 

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