L'anti it-girl dont tout le monde va parler

Princess Nokia, New-Yorkaise de 24 ans, fait trembler la scène de la musique underground avec ses textes coups de poing. On te présente la rappeuse cash et déterminée qu’on verra bientôt partout.

Par Célia Héron

L'anti it-girl dont tout le monde va parler
Image: Instagram New York Aficionado Elle a les yeux revolvers, elle a...
17 Octobre '16
retour +10 -4
17 Octobre '16
retour +10 -4

Il était une fois Destiny Nicole Frasqueri, aka Princess Nokia, bien décidée à faire entendre la voix des femmes dans le rap et au-delà.

Entre Harlem et le Bronx, à mille lieues du royaume merveilleux de Taylor Swift (et son penthouse à Tribeca), Princess Nokia revendique son droit à faire de la musique hors normes et à incarner «l’anti-cool» féministe. Amen. 

Après plusieurs morceaux passés plus ou moins inaperçus, elle sort un EP puis l'album 1992 le 5 septembre 2016 (sans maison de disques, toute seule comme une grande). Les chansons «Tomboy» et «Bart Simpson» obtiennent très vite l'attention des plus grands magazines musicaux.

Sa liberté de ton survivra-t-elle à son succès? A voir. En attendant, on fait les présentations avant son show à la Gravière à Genève le 22 octobre prochain:

  1. Métisse et fière de l’être

    Pas de parents célèbres ni de repérages par le «Disney Club» à 4 ans: Destiny Frasqueri a été élevée à la dure dans le Lower East Side (avant qu'il ne devienne le royaume des hipsters), dans le Bronx et à Harlem.

    D’origine amérindienne et portoricaine, elle se décrit comme «une femme forte et de couleur». «J’aime incorporer ces cultures dans mon style, parce que ce sont de belles cultures, de beaux styles.»

    Un jour en T-shirt de baseball XXXL et baggy, le lendemain en tenue traditionnelle avec «des plumes dans les cheveux», elle assume entièrement le grand écart.

    Ci-dessous, le clip d'une de ces chansons, «Young Girls».

  1. Plus indépendante, tu meurs

    Princess Nokia (un clin d’œil à son premier job, vendeuse de weed à vélo accrochée à son téléphone), ne doit sa carrière qu’à elle-même et a repoussé tous les labels: elle gagne de l’argent grâce aux tournées. Elle est loin du produit marketing conçu par des cadres de maisons de disques en cravate (Salut, Britney!), même si elle est en train de devenir une icône malgré elle.

    «Tout le monde se fout des étiquettes, lâche-t-elle. Moi, je fais de la musique du monde – la musique qui parle à plein de gens différents: à des meufs ghetto à Harlem, à des adolescentes mariées au Moyen-Orient, à des mecs gays d’Asie du Sud-Est».

  1. Féministe dans ta face

    «Ne laisse jamais un homme te dire que tu n’es rien. Parce que tu es TOUT, putain!» l’a-t-on entendu crier à son public lors d’un concert.  

    Plus tard, au cours d'une interview aux «Inrocks», elle explique: «J’ai utilisé le féminisme pour me soigner, pour m’extirper de certaines situations, pour me donner confiance, pour prendre conscience des inégalités entre hommes et femmes et ce contre quoi je devais lutter depuis le jour de ma naissance».

  1. Des textes upercuts

    «Je fais de la musique pour me sentir moins exclue. Je me suis toujours sentie en marge. Même dans le milieu de la musique, je me suis toujours sentie exclue», confie-t-elle

    «Je me suis jamais lancée là-dedans pour être populaire. Je me suis lancée là-dedans, parce que les gens comme moi ne sont pas appréciés. Les gens ne t’aiment pas, sauf si tu es cool. je voulais être l'incarnation de l'anti-cool».

    Dans son EP, 1992, la chanson «Tomboy» a des allures d’ode 90's à ses «petits seins et (à son) ventre gras». 

  1. Elle s'implique au-delà de la musique

    Princess Nokia a cofondé le collectif Smart Girl Club. Elle a un show à la radio qui promeut les espoirs de la scène urbaine féminine. «J’ai des racines dans l’activisme et dans la communauté punk» souligne-t-elle. Ses sources d’inspiration:  James Baldwin et Angela Davis. Rien que ça.

A lire aussi