Instagram, un allié contre l'anorexie

Une Canadienne de 24 ans raconte comment la plateforme, utilisée comme un journal intime, l'a aidée à se sortir de ses troubles alimentaires.

Par Célia Héron

Instagram, un allié contre l'anorexie
Image: Instagram Deliciouslyella S'obliger à poster des photos de ses plats peut aider celles qui en ont besoin à mieux manger
31 Août '16
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Si des études montrent régulièrement l’effet négatif des réseaux sociaux sur le moral de ses utilisateurs, certaines histoires prouvent que leur utilisation peut aussi apporter un soutien inespéré. En témoigne la jeune Jordane Giguère, 24 ans.

Cette dernière se bat avec l’anorexie depuis dix ans. Elle a expliqué à Radio Canada que son compte Instagram, «Just Not There Yet» (qui pourrait être traduit par «On n'y est pas encore, mais presque») l’avait aidée à s’en sortir, notamment dans les phases de crises. Une idée qui pourrait inspirer d’autres internautes victimes des mêmes troubles. 

On trouve sur son compte (privé) une chronique de son rétablissement et des photos de plats, partagées jour après jour avec sa communauté virtuelle.

 

«L'idée est d'être moins isolée»

«C'est arrivé à un moment où ça allait vraiment mal. Je sortais de l'hôpital, je me sentais vraiment seule. Avec les suivis qui ne sont pas toujours adéquats et pas toujours très rapprochés, j'ai trouvé Instagram, un peu comme un groupe de soutien à portée de main», explique la Canadienne originaire de Sherbrooke.

«À l'hôpital, on bénéficie de l'aide d'une nutritionniste, on a des rendez-vous, on a plein d'exercices à faire. Mais quand on en sort, plusieurs semaines peuvent s’écouler avant d’obtenir un entretien de quinze minutes», s'alarme-t-elle.

«Le gap est énorme, parce que pendant plusieurs journées tu es surveillée avec ton plateau, tu es pesée deux fois par semaine, et là, quand tu as ton congé, tu ne vois plus personne pendant deux mois. C'est vraiment ce bout-là qui manque, et c'est à ce moment-là que souvent tout bascule.» D'où l'intérêt de la plateforme pour s'obliger à remonter la pente face à un public.

Malgré les hauts et les bas, Jordane reste fidèle à ses 1500 followers et espère s'en sortir. Elle invite celles qui se reconnaîtront dans son profil à faire de même. «L'idée est d'être moins isolée, de moins me sentir seule, d'avoir l'impression qu'il y a quelqu'un avec moi qui me donne une tape dans le dos quand j'en ai besoin».

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