Chasseurs d'étoiles filantes

Le canton des Grisons offre un spectacle extraordinaire. En été, on s'aventure, sac au dos, au beau milieu de paysages tourmentés pour admirer le firmament.

Par Emmanuel Coissy

Chasseurs d'étoiles filantes
Image: Mike Wolf Près du village de Bergün, la Voie lactée se dégage des cimes.
05 Août '16
retour +30 -4
05 Août '16
retour +30 -4

Les Grisons sont le canton le plus exotique qui soit. Celui auquel on pense comme à un cousin éloigné en se disant «J’irai lui rendre visite, un jour». Un projet auquel on renonce, effrayé à l’idée de faire 5 à 6 heures de route pour débouler dans un décor alpestre. Et pourtant, il est sublime, ce paysage.

Il est si dramatique que parfois tu en as le souffle coupé. Des montagnes anthracite jalonnées de brillances argentées et cuivrées, des lacs tantôt céruléens, tantôt gris (selon la couleur du ciel), des conifères à foison couvrant des fleurs et du lichen. C’est donc, une terre sauvage. L’homme y fait corps avec la nature.

Voilà, résumé en quelques mots, pourquoi le photographe Mike Wolf et moi-même sommes partis à l’assaut des cimes. Sac au dos, chaussures de marche aux pieds et une bonne dose de candeur en guise de boussole. Notre voyage a duré deux jours, le temps d’un week-end. Nous avions un but: chasser des étoiles filantes. Nous en avons aperçu quelques-unes dans un firmament, qu’on ne voit pas depuis la plaine.

Les étoiles filantes seront particulièrement visibles dès ce soir jusqu'au 13 août. Si l’aventure te tente, fonce aux Grisons!

Départ de Coire sous le soleil. 

Image: Mike Wolf

Nous quittons Coire à bord du Bernina Express. Ce train panoramique des Chemins de fer rhétiques nous permet d’admirer la nature environnante, classée par l’Unesco, comme si nous étions au cinéma. Nous traversons 55 tunnels et 196 ponts.

Le Bernina Express s'étire à travers les montagnes.

Image: Mike Wolf

Le convoi passe les cols de l'Albula et de la Bernina.

Image: Mike Wolf

Depuis la cabine du conducteur, la vue est encore plus saisissante. 

Image: Mike Wolf

Nous quittons la civilisation à Alp Grüm. Cette gare culmine à 2091 m. On croise quelques randonneurs et des vététistes, que nous saluons. Nous sommes au carrefour des régions linguistiques. D’une vallée à l’autre, on passe de l’allemand au romanche, puis du romanche à l’italien. On en perd notre latin.

Nous descendons à Alp Grüm et marchons près du lac du Palü et sa presqu'île. 

Image: Mike Wolf

Au-dessus de nos têtes, le piz Palü (3889 m) et son glacier. Impérial. 

Image: Mike Wolf

Nous avons marché deux bonnes heures jusqu’à Poschiavo et son lac en contrebas (973 m). Nous avons besoin d’un rafraîchissement. Nous commandons un spritz sur une terrasse. Un serveur nous raconte que toute la production de la vallée (légumes, fruits, baies, céréales, lait et fromage) est 100% bio. Puis nous décidons de repartir vers les hauteurs: direction Bergün, d'où nous voulons admirer les constellations.

Aux Grisons, un crépuscule peut ressembler à une éruption volcanique. 

Image: Mike Wolf

Mike s'occupe du feu.

Image: Mike Wolf

Cette nuit, le ciel est constellé. Il est 1 heure du matin. Nous sommes fourbus. Il est temps d’aller nous coucher. Demain, nous nous lèverons tôt pour continuer notre découverte de l'Engadine.

Près du village de Bergün, la Voie lactée se dégage des cimes.

On ne se lasse pas d'admirer les étoiles. 

Image: Mike Wolf

Après l'ondée, les campeurs font la grasse matinée. 

Image: Mike Wolf

En contemplation.

Image: Mike Wolf

Mike collectionne les minéraux. 

Image: Mike Wolf

Nous traversons Cavaglia, en terre italophone. 

Image: Mike Wolf

A Bergün: halte à l'hôtel Kurhaus, un bijou art nouveau, où nous dégustons des produits locaux.

Image: Mike Wolf

Depuis longtemps, Mike et moi rêvions de nous baigner dans un lac d’altitude. Un acte de bravoure sachant la température l’eau… glaciale! Nous jetons notre dévolu sur le lac de Palpuogna. Hélas, notre désillusion est à la hauteur de nos espérances: il est interdit d’y nager. Nous nous contenterons d’en faire le tour.

La faune et la flore alentour sont admirables. Par beau temps, de nombreux randonneurs viennent ici pour faire des grillades. Aujourd’hui, le ciel est couvert, nous sommes les seuls dans les parages.

Arrivée au lac de Palpuogna, perché à 1918 m. 

Image: Mike Wolf

Il est temps pour nous de rentrer à la maison. Nous sommes enchantés. Dans nos discussions, nous évoquons les sites que nous venons de visiter. Selon Mike, certains ressemblent à l'Islande et au Canada. De mon côté, je pense à l'Ecosse et au Bhoutan. Qu'importe! Nous avons terriblement envie de revenir aux Grisons.

Ici, les lacs sont de vastes miroirs. 

Image: Mike Wolf

A lire aussi