Confessions d’une Photoshopeuse

Une experte des retouches dévoile anonymement les secrets de son métier. On ne regardera plus les pubs pour bikinis de la même façon.

Par Célia Héron

Confessions d’une Photoshopeuse
Image: Calzedonia
21 Juillet '16
retour +45 -20
21 Juillet '16
retour +45 -20

Enfin, la vérité! Sollicitée par plusieurs géants de la mode, dont Victoria’s Secret, une retoucheuse professionnelle raconte les demandes improbables des marques avec lesquelles elle a été amenée à travailler. Son désaccord avec l'industrie est tel qu'elle cherche aujourd'hui à changer de métier, confie-t-elle au webzine Refinery29.

Alors, la prochaine fois qu'un top doré, grandeur nature, nous narguera depuis sa plage de sable fin en faisant la moue pendant que nous attendrons le bus, il faudra garder en tête que...  

  1. Les altérations commencent avant même la photo

    «La première chose que les marques font est de leur poser des extensions. Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu un shooting photo avec un mannequin arborant ses propres cheveux». Il est aussi très fréquent de leur faire porter un push-up sous le maillot de bain… pour ensuite «effacer le soutien-gorge». Même pour les maillots bandeaux. Le marketing ne saurait s'encombrer des effets de la gravité.

Il est impossible d'obtenir un tel décolleté avec un maillot sans bretelles, souligne la déserteuse.

Image: Pinterest / Victorias Secret

  1. Les tours de poitrines sont allègrement modifiés

    Une fois le soutien-gorge (et toute trace de téton) effacés sur l'ordinateur, les retoucheurs tentent de remonter la poitrine et de rendre les seins «plus ronds, parfaitement symétriques et plus volumineux (…): tous les tops ont un bonnet A» dans la vraie vie.

    Chaque partie du corps y passe, même les mains et les pieds, qui apparaissent souvent bleutés, et, bien entendu, la peau (notamment des aisselles et du maillot). D'ailleurs, «les modèles arrivent parfois poilues», sachant que tout disparaîtra en un clic.

  1. Certaines parties du corps sont interverties

    On a déjà demandé à l'interviewée d’ajouter les bras de l’une au haut du corps de l’autre pour corriger une position. Le but: «S’assurer que personne ne critique l’image».

Les imperfections, ombres et rougeurs liées à l'épilation sont systématiquement gommées.

Image: Pinterest

  1. La taille de guêpe et le «plus blanc que blanc» ont la cote

    La tendance est à l’affinement de la taille des femmes et les formations sur le sujet sont de plus en plus nombreuses. «Moi, je refuse de le faire, parce que toutes les femmes n’ont pas la silhouette d’un sablier». Elle refuse également de blanchir à outrance le blanc des yeux. «Il n’est jamais vraiment blanc: ça donne un air fou», souligne-t-elle.

  1. Les retouches «standard» sont systématiques

    «Tous les retoucheurs enlèvent l’acné, la cellulite, et les vergetures» de la peau des tops. Nota Bene: «quand on est une ado d’1,85 mètre, on a forcément des vergetures»

L'année dernière, une publicité de Victoria's Secret avait bien fait rire le web, la fesse gauche du mannequin ayant bizarrement disparu.

Image: Pinterest / Victorias Secret

  1. Les consommateurs aussi ont leur rôle à jouer

    Si les clients achetaient des produits présentés par des modèles plus size ou imparfaits, les retouches seraient différentes. Mais le fantasme fait vendre. Aux consommateurs de montrer leur préférence pour les marques plus honnêtes.  

Il y a tout juste un an, BuzzFeed se moquait déjà gentiment des anges avec sa vidéo «La vérité sur les shootings maillots de bain de Victoria's Secret». On ne résiste pas à l'envie de la reposer ci-dessous, juste pour le plaisir.

A lire aussi